Circuit historique de Kaysersberg

Infos pratiques

  • Circuit historique complet (27 points) : 1h30 à 2 heures de marche tranquille.
  • Montée au château de Kaysersberg : prévoir 1h supplémentaire (aller-retour).
  • Plan de ville de Kaysersberg disponible gratuitement dans nos bureaux d’accueil ou en téléchargement.
Plan de Kaysersberg Alsace
Point de vue sur la cité impériale depuis la gloriette S'Hisala (suivre circuit de la chapelle sur le plan)

Une ville impériale au coeur de l’Alsace

L’histoire de Kaysersberg commence bien avant le Moyen Âge, mais c’est au XIIIe siècle que la ville prend véritablement son essor. Son nom même trahit son destin : Kaysersberg signifie en allemand « la montagne de l’Empereur » (Kaiser = Empereur, Berg = montagne), une étymologie directement liée au château qui domine la cité depuis les hauteurs du Schlossberg.

Le château de Kaysersberg, qui domine la ville, fut construit par l’empereur Frédéric II du Saint-Empire Romain Germanique. C’est de ce château que vient le nom de la ville.

En 1293, Kaysersberg obtient le statut de ville impériale libre, un titre prestigieux qui lui confère une autonomie considérable et lui permet de développer un riche patrimoine architectural. Au fil des siècles, les bourgeois et les patriciens locaux rivalisent d’élégance pour construire des demeures remarquables. Aujourd’hui, les façades des XVe, XVIe et XVIIe siècles témoignent encore de cette prospérité passée, formant l’un des ensembles médiévaux les mieux conservés d’Alsace.

27 édifices à découvrir

1. Hôtel de Ville

La visite commence par l’Hôtel de ville. De la rue, vous pouvez contempler ce bâtiment construit en 1604 sur un plan en U. Desservi à gauche par une tourelle d’escalier et orné d’un oriel Renaissance sculpté et voûté, l’édifice conserve un beau plafond à caissons et d’exceptionnelles portes à colonnes, marquetées de bois précieux et décorées d’allégories rappelant que le bâtiment servait à l’exercice de la justice.

2. Le Manoir d'Etienne de Bavière

A votre droite se trouve Le manoir d’Etienne de Bavière et de son épouse Claire de Hunawihr. Edifié au 14e siècle, remanié plusieurs fois, le bâtiment abrita l’hôpital de la ville jusqu’au 19e siècle, puis la gendarmerie au 20e siècle. Remarquez les fenêtres à meneaux au premier niveau vers le milieu du bâtiment. Plus loin, se trouve un très intéressant porche crénelé décoré des armes des époux constructeurs. Comme beaucoup de symboles du pouvoir, alors entre les mains des nobles et de l’Eglise, les écussons en linteaux ont été martelés à la révolution Française.

Cette imposante demeure est réalisée en  pierre et seul les puissants, noblesse et  clergé, pouvaient faire construire ce type d’habitation. Les autres, artisans et commerçants notamment, bâtissaient des maisons à colombages faites de bois et de torchis.

3. Maison Buchele

En face du manoir, au N° 7, de  la rue de l’Ancien Hôpital, se trouve La maison Buchelé. Elle est datée par des analyses dendrochronologiques, de 1458. Le pan de bois est hourdé de briques qui sont, en partie, d’origine.

Signalons les colombages dit en Man de l’allemand Homme, appelé comme cela pour leur symbolique représentation de l’homme jambes et bras écartés.

Vous reverrez très fréquemment ce symbole sur les maisons de la ville.

Les fenêtres ont été refaites à différentes époques, mais sur l’autre face de la maison au premier étage, entre  les 2 fenêtres actuelles, bien que murées on peut voir deux fenêtres médiévales à meneaux de bois.

4. Maison Renaissance

Construite en 1594, cette élégante maison Renaissance appartenait à Johann Vollrath, qui occupa les plus hautes fonctions de la ville. Sur une fenêtre, un conseil vieux de plus de 400 ans invite encore à la sagesse : « Sois économe dans ta jeunesse, car la pauvreté afflige la vieillesse. ». Juste à côté se dressait la commanderie des Chevaliers Teutoniques installés à Kaysersberg pendant près de cinq siècles.

5. Eglise Sainte-Croix

Construite à partir du XIIIᵉ siècle, l’église Sainte-Croix à Kaysersberg mêle harmonieusement architecture romane et gothique.

Dès l’entrée, le regard est attiré par son impressionnant calvaire monumental, avant de découvrir l’un de ses plus grands trésors : le retable Renaissance réalisé en 1518 par Jean Bongart. Composé de quatorze panneaux sculptés retraçant la Passion du Christ, il est considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de l’art religieux alsacien.

En parcourant l’église, prenez aussi le temps d’admirer son unique vitrail médiéval conservé, son orgue historique de 1720 et les nombreuses œuvres qui témoignent de près de huit siècles d’histoire.

6. Chapelle Saint Michel et son ossuaire

La chapelle Saint Michel et l’ossuaire qui se trouve en-dessous sont de 1463 et s’appuient sur le mur d’enceinte. La voûte d’arêtes de l’ossuaire et la voûte d’ogives de la chapelle sont décorées de peintures du début du 16e siècle. L’ossuaire n’est pas accessible, mais les peintures peuvent  être aperçues par les parties hautes des portes.

L’ossuaire abrite les ossements provenant de l’ancien cimetière  déplacé hors les murs en 1511.

Une inscription en allemand dit : « Ce n’est que justice, ici le maître repose à côté de son valet ». La chapelle du dessus et la chapelle du dessous servaient aux offices pour les morts.

7. Cimetière militaire

Ce lieu de mémoire rend hommage aux soldats tombés lors de la Libération de la vallée de la Weiss en 1944.

Il abrite aussi plusieurs trésors du patrimoine, dont le Mont des Oliviers (1501) et la célèbre « croix de la peste », qui rappelle une étonnante légende : après avoir refusé le passage d’une procession, en provenance d’un village voisin, venue implorer la fin d’une épidémie, les habitants de Kaysersberg virent la maladie atteindre leur ville… avant qu’elle ne disparaisse lorsque la procession traversa enfin la cité.

8. Fontaine de l'Empereur Constantin

Devant le parvis de l’église Sainte Croix, sur la fontaine, se dresse la statue en grès jaune de l’Empereur Constantin.

Comme le retable à l’intérieur de l’Eglise, elle  est l’œuvre de Jean Bongart. Elle orne la fontaine depuis 1521. Rappelons que Constantin était le fils de Sainte Hélène qui découvrit « la vraie croix » et dont la statue moderne orne la façade de l’église.

Empereur romain de 306 à 337, Constantin accorda la liberté de culte à tous, y compris aux chrétiens ouvrant ainsi la voie à l’établissement d’un Empire chrétien.

Durant la révolution la statue fut remplacée par une pyramide tricolore alors que Kaysersberg fut rebaptisé « Mont libre ».

Tournez le dos à l’Eglise faite une dizaine de mètres et prenez à droite, dans l’Impasse du Père Staub.

9.Maison Bohn

Au N° 49 de l’Impasse du Père Staub, la maison Bohn de 1601 est particulièrement ornée, avec ses poteaux corniers et allèges sculptés. La pierre d’angle en grès du rez-de-chaussée porte une inscription-rébus demandant la protection de Dieu et de la Vierge contre la destruction, l’eau, la guerre, la peste et le feu.

Cette maison fut la première école de la ville.

Admirez aussi en face de la maison Bohn une magnifique maison datée de 1576. A voir au fond de l’impasse, ce qu’on suppose être  l’accès d’origine au Château. Stoppez le lecteur et rejoignez la maison n° 6 de la rue du Général de Gaulle.

Pour cela descendez l’impasse, prenez à droite jusqu’au bout de la place.

10. Maison Loewert

Cette élégante demeure Renaissance a traversé les siècles en conservant de beaux éléments d’origine.

Levez les yeux pour admirer la Vierge à l’Enfant peinte au XVIIIᵉ siècle, qui veille toujours sur la façade.

11. Maison Voltz et son puit

La Maison Voltz, est visible au fond de la vaste cour. Elle date de 1618.

Edifiée par Mathias Huffel, notable de la ville, et son épouse Elisabeth Birckel, cette grande maison Renaissance abrite des peintures murales en trompe-l’œil au 2e étage, ainsi qu’un pressoir monumental au rez-de-chaussée.

Un des puits les plus célèbres d’Alsace s’appuie contre la façade. On peut y lire une inscription en allemand qui dit à peu près ceci : « Si tu te gorges d’eau, cela te glace l’estomac. Bois modérément du vieux vin subtil, je te conseille, et laisse-moi mon eau ».

Les armoiries des deux familles sont visibles en partie haute du puit, Huffel à gauche et Birckel à droite.

Stoppez le lecteur et rejoignez la place. 20 m à votre gauche se trouve les maisons dites jumelles. Nous vous conseillons d’emprunter le trottoir d’en face pour avoir une meilleur vue sur ces imposantes bâtisses.

12. Les maisons jumelles

Édifiées en 1521 par un riche propriétaire de mines d’argent, ces deux magnifiques demeures Renaissance sont parmi les plus photographiées de Kaysersberg.

L’une accueille le Musée historique (ouvert en juillet et août) où sont exposés des trésors de l’histoire locale, tandis que l’autre conserve une imposante cheminée Renaissance, l’une des plus anciennes d’Alsace. À côté, l’ancien moulin impérial et son canal rappellent le rôle essentiel de l’eau dans le développement de la ville.

13. Ancienne boucherie

L’ancienne boucherie publique fut reconstruite en 1616 au-dessus du canal des moulins. Les façades à gouttereaux sont presque entièrement en pans de bois alors que la façade principale, en grès, visible depuis la placette à droite, a un pignon chantourné et porte les écus aux armes bûchées de Johann Volrhat et de la ville.

Les boucheries de l’époque étaient publiques et très contrôlées. Les paysans venaient là vendre leurs produits classés par catégorie.

L’abattoir, mitoyen, se situait dans la maison faisant l’angle entre le pont fortifié et la rue des bains.

Si vous êtes face au pont fortifié, retournez vous, vous êtes devant la maison Ohnenstetter-Herzer.

14.Maison Renaissance Ohenstetter-Herzer

La maison Ohnenstetter-Herzer fut bâtie en 1492 pour le forgeron Herzer et son épouse. La grande fenêtre à chambranle saillant porte une inscription dont la traduction dit : « Les chardons et les épines piquent fort, Les mauvaises langues encore bien davantage. C’est pourquoi j’aimerais mieux tomber dans les chardons que d’avoir affaire aux mauvaises langues’ ».

Acquise en 1907 par la Ville, la maison fut entièrement restaurée et abrita son Musée pendant 65 ans.

15. Hostellerie du Pont ou le Badhus

Construit en 1600, ce bâtiment a connu bien des vies au fil des années : auberge, bains publics, salle des fêtes… Au bout de la rue des Forgerons, découvrez aussi la Porte de la Pucelle, dernière porte médiévale conservée de Kaysersberg.

16. Pont fortifié

Le Pont Fortifié, avéré comme tel depuis 1514, enjambe la Weiss et reliait la vieille ville et la ville haute. Unique en Alsace, il comprend en son milieu un édicule dans lequel on enfermait les habitants pour des délits mineurs et des courts laps de temps.

Il n’était pas rare de faire un séjour dans cette geôle particulière et d’être la risée des autres habitants. Ne pas aller à la messe, commettre l’adultère ou manger du poisson un vendredi vous conduisez droit à ce qu’on appelait le Narrenhäuslein ou maisonnette des fous.

Remarquez les armoiries en partie haute, à gauche l’aigle à 2 têtes du Saint Empire Romain Germanique, à droite la Besace de Kaysersberg.

Stoppez le lecteur, traversez le pont, prenez à droite et dirigez vous vers la chapelle de l’Oberhof. Elle se trouve dans une cour à gauche 20 m après le pont.

17. Chapelle de l'Oberhof

Située sur la rive gauche de la Weiss, la chapelle de l’Oberhof faisait partie de la cour dîmière de l’abbaye de Pairis, un couvent de Cisterciens du Val d’Orbey.

Construite en 1391, agrandie en 1473, elle a survécu au vandalisme révolutionnaire.

La chapelle est accessible , mais se trouve sur une propriété privée. Merci de respecter les lieux et ses habitants. Vous trouverez à gauche en entrant, en français, un bref historique de la chapelle.

La cour dîmière était chargée de collecter la dîme, un impôts appliqué aux utilisateurs des terres de l’abbaye.

Stoppez le lecteur, revenez vers le pont puis prenez à droite jusqu’au n° 88 de la rue du Gal de Gaulle.

18. Maison Offinger-Brief

Cette riche demeure d’artisan comportant une logette et un coursière en équerre, fut bâtie en 1594 pour le tonnelier Paul Offinger. Initiales et emblèmes du propriétaire figurent plusieurs fois sur la maison.

De façon surprenante, les initiales gravés sont les lettres B.O. Les historiens locaux ont longtemps cherchés les raisons de la présence de ce B à la place du P de Paul. Ils ont cherché jusqu’à ce que, en bons Alsaciens, ils se rendent compte que Paul prononcé avec l’accent local devenait Baul. Le tailleur de pierre, auteur de la méprise, était visiblement de la région !

Stoppez la lecture et reprenez la au n° 124, la maison natale d’Albert Schweitzer.

19. Maison natale et Centre Schweitzer

Albert Schweitzer naquit au N° 124 le 14 janvier 1875. Théologien, philosophe, musicien, humaniste, médecin enfin, Schweitzer s’embarqua pour la Gabon en 1913 et y construisit un hôpital à Lambaréné, sur la rive de l’Ogoué. Prix Nobel de la Paix en 1952, malgré les critiques et les vicissitudes qui l’affectèrent souvent, Albert Schweitzer reste l’une des figures les plus marquantes et l’Alsacien le plus célèbre du 20e siècle.

Son œuvre se perpétue à Lambaréné, où il est mort en 1965, mais aussi à Kaysersberg à travers le Centre Schweitzer et le square portant son nom.

Vous pouvez si vous le souhaitez visiter le Centre Schweitzer, rénové en 2022. Sinon, prenez à gauche en arrivant au bout de la rue.

20. Square Albert Schweitzer

A quelques mètres du buste du Grand Docteur Blanc, fut mis en place, en 2005, le Mémorial exécuté par Martine Lutz et offert à la ville de Kaysersberg par l’Association Espoir de Colmar. Ces sculptures ont été taillées dans un Mélèze.

Vous pouvez faire une pause dans votre visite et profiter du square ou si vous le désirez continuer vers la Tour dite de la porte Haute, visible à quelques pas de là.

21. Tour de la Porte Haute

La Tour dite de la Porte Haute date du 15e siècle et faisait partie de la double-enceinte édifiée entre 1424 et 1432 lors du dernier agrandissement de la ville.

Sa fonction était liée au guet et à la défense de la ville.

Stoppez le lecteur et flânez jusqu’au prochain point, la tour Kessler. Aidez vous de la carte si nécessaire. Sur le chemin, vous pourrez voir le reste des anciens fossés ainsi que la tour dite du « curé ».

22. Tour d'enceinte du Kesslerturm

Édifiée en 1371 lors de l’agrandissement des remparts, la Tour Kessler servit longtemps de prison. En février 1943, elle fut aussi le théâtre d’un épisode marquant de la Seconde Guerre mondiale : de jeunes Alsaciens qui avaient défié l’occupant nazi y furent emprisonnés avant d’être déportés ou incorporés de force dans la Wehrmacht.

23. Tour de la Poudre dite de l'Hôpital

Tour dite de l’Hôpital. Elevée au 15e siècle, cette tour servait de poudrière. C’est une des 5 tours restant visible sur les 6 que comptaient les remparts de la ville.

24. Ancien couvent des Franciscains

L’église des Franciscains reconstruite en 1783 faisait partie du couvent des Franciscains installé ici dès 1483. Les bâtiments sont occupés par un EHPAD. A l’intérieur subsiste le cloître de l’ancien couvent.

25. Junker Hansen Turm ou Tour des Sorcières

La Tour dite de Junker Hans était connue sous le nom de Tour des Voleurs eu 18e siècle et de Tour des Sorcières au 19e siècle. Elle date du 15e siècle et servit elle aussi de prison.

26. Ruines du Château

Situé à 295 m d’altitude et surplombant la ville de 50 m, le château de Kaysersberg fut reconstruit à partir de 1217. Une courtine de 1266-68 enchemise le donjon selon un plan en bec. Le logis du 13e siècle s’appuyait sur cette chemise. Au 15e siècle la défense du château fut modernisée et adaptée à l’usage des armes à feu.

Le donjon, un des deux seuls donjons circulaires d’Alsace, a des murs épais de 4,42m et un diamètre de 11m. le château avait essentiellement une fonction militaire de défense passive et active. En contre-bas, vers la ville, une spacieuse basse-cour pouvait servir de refuge aux habitants en cas d’alerte. Ruinée par les Suédois en 1632 durant la guerre de 30 ans, la fortification passa en des mains privées à la Révolution. Classées Monuments Historiques dès 1841, les ruines souffrirent durant les combats de 1944.

Fouillé par l’archéologue Jacky Koch et consolidé en 1995-96 sous la direction des Monuments Historiques, le château a de nouveau belle allure.

27. Chapelle Saint Wolfgang

Située sur un rocher dominant la ville au Sud, la chapelle Saint-Wolgang et la léproserie attenante furent construites en 1418 et reconstruites en 1488 et en 1519. Ces bâtiments s’élevaient là bien en-dehors de la ville et tout près du cimetière qu’elle surplombait pour éviter le moindre contact avec les malades.

La chapelle et la léproserie ne sont pas visitables.